- Prébriefing court (5 minutes) : Suffisant pour des professionnels expérimentés, habitués à la simulation et évoluant dans un environnement connu.
Un prébriefing réussi doit toujours prendre le temps de poser le contrat de confiance , garantir la sécurité psychologique et présenter les mannequins ou l'environnement clinique.
La bonne durée est celle qui permet aux participants de commencer la simulation avec un cadre suffisamment clair pour apprendre.
Ce n’est pas forcément la durée la plus courte. Ce n’est pas non plus la durée la plus longue.
Un prébriefing trop court laisse les participants deviner les règles, les rôles ou le fonctionnement du matériel. Un prébriefing trop long peut diluer l’objectif pédagogique, augmenter la charge cognitive et donner l’impression que la simulation est une lecture de règlement.
La question n’est donc pas seulement :
« Combien de minutes dois-je prévoir ? »
La vraie question est plutôt :
« De quoi ces participants ont-ils besoin pour entrer dans la simulation dans de bonnes conditions, le plus rapidement possible ? »
Dans certaines situations, cinq minutes peuvent suffire pour poser le cadre essentiel :
- les participants connaissent déjà le lieu ;
- ils ont déjà utilisé le matériel ;
- le scénario est simple ;
- les objectifs sont clairs ;
- la séance n’est pas évaluative ;
- le groupe est expérimenté (en simulation).
Dans ce cas, le prébriefing peut se concentrer sur les objectifs, les rôles, les règles de fonctionnement, la confidentialité et les questions éventuelles.
Mais cinq minutes ne suffisent pas toujours. C’est un cas extrême et assez rare finalement.
Si les apprenants découvrent la simulation, le mannequin, la salle ou une nouvelle technologie, le formateur doit prévoir davantage de temps. Il peut aussi déplacer une partie de la préparation avant la séance : vidéo, lecture courte, tutoriel technique ou activité préparatoire. De plus en plus d’équipe le pratique. Si les conditions techniques permettent à la majeure partie du groupe d’y avoir accès, c’est une option intéressante.
Plusieurs facteurs doivent influencer la durée prévue.
Un groupe qui découvre la simulation aura besoin de comprendre :
- ce qui est attendu d’eux ;
- ceux qu’ils doivent attendre des formateurs ;
- comment interagir avec le mannequin ;
- comment poser une question ;
- ce qui peut être interrompu ;
- ce qui sera observé ;
- comment se déroulera le débriefing.
Un groupe expérimenté pourra aller directement à l’essentiel.
Un environnement inconnu demande une orientation plus complète :
- où se trouvent les équipements ;
- comment fonctionne le matériel avec tests en live pour ne pas être gêné par des sensations nouvelles lors des simulations ;
- quelles sont les limites du simulateur ;
- qui joue quel rôle ;
- comment demander une information ;
- comment signaler un problème technique ou appeler à l’aide lors de la simulation.
Cette orientation n’est pas du temps perdu. Elle évite que les participants découvrent les règles au milieu du scénario.
Le briefing technique doit rester proportionné au scénario.
Il n’est pas nécessaire de présenter toutes les fonctions d’un mannequin si seules deux fonctions seront utilisées. À l’inverse, une séance fondée sur une technologie nouvelle nécessite une véritable préparation.
Le principe est simple :
Présenter ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs, pas tout ce que le matériel sait faire.
N.B:
Si tu enchaînes plusieurs cas cliniques dans la journée, attention à ne pas « vendre la mèche ». Si tu décides de ne pas présenter une fonction précise du mannequin (par exemple, le réflexe pupillaire ou le drainage thoracique), tes apprenants vont vite comprendre : « Bon, si le formateur ne nous l'a pas montré ce matin, c'est que ça ne servira dans aucun scénario aujourd'hui ! » Résultat : tu détruis le suspense et le diagnostic. Dans ce cas particulier, il vaut mieux présenter la fonction lors du briefing du matin, même si elle ne sert pas tout de suite, pour laisser planer le doute et garder les apprenants en alerte.
Une séance évaluative nécessite une clarification plus précise :
- ce qui sera évalué ;
- par qui ;
- selon quels critères ;
- à quel moment ;
- ce qui relève de l’apprentissage et ce qui relève de la performance.
L’objectif n’est pas de promettre l’absence de conséquences. Il s’agit de rendre le cadre compréhensible et équitable.
Certains scénarios abordent une erreur médicale, une situation de conflit, une annonce difficile ou un événement indésirable.
Dans ce contexte, quelques minutes supplémentaires peuvent permettre de poser un cadre relationnel plus solide. La sécurité psychologique ne dépend pas d’un nombre magique de minutes, mais elle nécessite que les participants sachent comment ils seront traités et ce qu’ils peuvent attendre du facilitateur..
Un prébriefing est probablement suffisamment long lorsque les participants savent :
- pourquoi ils participent à la simulation ;
- ce qui est attendu d’eux ;
- quel rôle ils vont jouer ;
- comment fonctionne l’environnement ;
- quelles sont les limites du simulateur ;
- comment poser une question ou signaler un problème ;
- ce qui se passera après le scénario.
Il reste également un espace pour une question réelle.
Si les participants n’osent pas demander de précision, si les mêmes questions reviennent pendant le scénario ou si le groupe semble davantage préoccupé par le fonctionnement du matériel que par l’objectif pédagogique, le prébriefing était probablement trop court ou mal ciblé.
Ajouter cinq minutes de plus ne crée pas automatiquement un environnement psychologiquement sûr.
La sécurité psychologique dépend notamment de la cohérence entre le discours du facilitateur et son comportement. Le formateur peut annoncer que les questions sont bienvenues, mais il doit aussi montrer qu’une question ne sera pas ridiculisée. Lire la [Newsletter Simulation en Bref n°53 ](https://www.linkedin.com/pulse/53-le-formateur-en-simulation-est-un-mytho-fouad-marhar--lycee/) sur le sujet pour approfondir.
Il peut rappeler :
- que la simulation est un espace d’apprentissage ;
- que les participants peuvent reconnaître une incertitude ;
- que le mannequin a des limites ;
- que les erreurs seront utilisées pour apprendre ;
- que la confidentialité s’applique au groupe ;
- que le facilitateur peut interrompre ou clarifier si nécessaire.
Le temps sert donc à installer un cadre. Il ne remplace pas la qualité de la relation pédagogique.
Avant de démarrer, le facilitateur peut vérifier :
- La durée prévue est-elle adaptée au groupe ?
- Les participants connaissent-ils déjà l’environnement ?
- La technologie utilisée est-elle nouvelle ?
- Les objectifs sont-ils compréhensibles ?
- Les rôles sont-ils clairs ?
- Les limites du simulateur ont-elles été expliquées ?
- La séance est-elle formative, évaluative ou mixte ?
- La confidentialité a-t-elle été abordée ?
- Les participants savent-ils comment demander une clarification ?
- Le briefing technique reste-t-il proportionné au scénario ?
- Un temps de questions est-il réellement prévu ?
Questions fréquentes
Cinq minutes suffisent-elles pour un prébriefing ?
Parfois. Cinq minutes peuvent suffire avec un groupe expérimenté, dans un environnement connu et pour un scénario simple. Elles ne constituent pas une durée universelle et cette configuration est rare.
Un prébriefing plus long est-il forcément meilleur ?
Non. Un prébriefing plus long n’est utile que s’il apporte des informations nécessaires à l’apprentissage. Une présentation trop longue peut augmenter la charge cognitive, diminuer le niveau d’engagement des apprenants tout en retardant inutilement la simulation.
Faut-il intégrer le briefing technique au prébriefing ?
Oui, lorsqu’il est nécessaire pour comprendre l’environnement ou utiliser le matériel. Mais il faut éviter de transformer le prébriefing en démonstration exhaustive de la technologie. Le briefing technique fait partie du prébriefing, intégralement et doit être structuré de manière efficiente.
Combien de temps prévoir avant une simulation évaluative ?
Il faut généralement prévoir davantage de temps pour clarifier les objectifs, les critères, les rôles, le déroulement et les conséquences de l’évaluation. La durée dépend du niveau de nouveauté et de la complexité du dispositif.
Peut-on préparer les participants avant le jour de la simulation ?
Oui. Une partie de la préparation peut être réalisée en amont grâce à une courte vidéo, une lecture, un tutoriel ou une activité préparatoire. Le temps du jour même peut alors être consacré au cadre, aux questions et à l’orientation nécessaire.
Références
Aller plus loin
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